Homélie du 28ème dimanche du TO (Année A) - 11 oct 26

Chers frères et sœurs, dans certaines cultures, lorsqu’il y a un mariage, les mariés se doivent d’associer les voisins et leurs connaissances à la fête. Ainsi, quand je vivais en pays musulman, il arrivait qu’on m’apporte une part d’un festin de noces célébré dans mon quartier, Pourtant j’étais étranger, d’une religion différente et je ne connaissais pas personnellement les mariés. Il arrivait aussi que je sois invité à entrer dans la salle où se tenait la fête. C’était alors un honneur qui m’était fait. Mais imaginons qu’on soit venu m’inviter alors que j’étais sous une voiture en train de refixer un pot d’échappement et que je décide d’aller à la noce sans me changer. Je ne pense pas que l’on m’aurait accueilli chaleureusement. C’est pourtant ce que fait une des personnes que les serviteurs du roi ont rencontrées et invitées. On peut supposer pourtant que, puisqu’il s’agit d’un mariage princier, le vêtement était donné par le roi. La parabole décrit la colère du roi : l’invité irrespectueux est jeté dehors pieds et poings liés, là où sont les pleurs et les grincements de dents. Quand pendant plusieurs jours vous entendez dans votre immeuble la musique, les cris de joie, les danses de vos voisins, vous ressentez amèrement l’exclusion, la privation de ce qui vous était offert. Mais surtout, celui qui a répondu par le mépris au geste d’amitié qui lui avait été fait, casse définitivement la relation avec les personnes qui lui avaient fait l’honneur de l’inviter. Il a donné un soufflet au visage de ces familles. Il sera rejeté « pieds et poings liés », c’est-à-dire définitivement. Jésus adresse cette parabole aux chefs des prêtres et aux pharisiens, qui gouvernent et instruisent le peuple d’Israël. Ceux-ci reprochent à Jésus d’accueillir les publicains et les pécheurs sans mettre aucune condition. Ils ont peur que la sève de la religion se dilue jusqu’à disparaître. Par cette parabole, Jésus leur répond. C’est vrai ! Le Royaume de Dieu est offert à tous, pas seulement à vous, aux bons comme aux mauvais, aux proches comme aux lointains. Mais il faut l’accueillir et y entrer en s’ouvrant au don de la foi. Les pharisiens s’y refusent, se fermant ainsi la porte du festin. Pourtant l’exigence qu’ils réclament n’est pas supprimée. Lorsqu’on présente à Jésus une femme adultère et qu’il refuse la condamner il ne lui dit pas : je ne te condamne pas car je m’en fiche de ce que tu fais, il lui dit : je ne te condamne pas, va et ne pèche plus ! Je ne te condamne pas, mais maintenant que tu es à la porte du festin, maintenant que tu m’as rencontré et que tu as expérimenté l’amour que j’ai pour toi, va et revêt l’habit de noces, revêt la sainteté ! c’est l’habit que j’ai préparé pour toi en donnant ma vie sur la croix pour toi ! Le roi expulse celui qui refuse de porter cet habit par respect pour ses invités. S’il ne les considérait que comme des « ventres à nourrir » alors ce serait comme s’il disait : il y a toute cette nourriture qui va se perdre, puisque les invités de longue date ne sont pas venus, plutôt que de la jeter aux cochons, je vais l’offrir à tous ceux que l’on trouvera. Non les invités sont vraiment considérés par le roi comme ses amis, ses proches, ceux qu’il aime. L’habit de noces, la sainteté qu’il nous faut revêtir c’est la charité. Au dernier jour, quand le roi viendra examiner chaque convive, ce qu’il regardera, c’est la présence, ou non, de la charité dans notre cœur. S’il ne trouve en nous que de l’amour égoïste, il nous demandera : pourquoi n’as-tu pas prié pour que l’amour désintéressé te remplisse ? Pourquoi ne t’es-tu pas approché du sacrement du pardon pour ôter la pierre qui bouche en ton cœur la source d’eau vive ? Pourquoi ne t’es-tu pas nourri de ma Parole afin d’avoir la force de t’oublier toi-même et d’aller vers celui qui avait besoin de toi ? Pourquoi alors que je t’avais donné des frères et sœurs à aimer, t’es-tu coupé de la communauté chrétienne ? Le Pape Léon XIV dont la visite a été un événement extraordinaire n’a pas eu peur de dire aux jeunes, lors de la veillée au stade de France : vous êtes les saints d’aujourd’hui ! Je ne sais pas ce que vous parents vous répondriez si on vous demandait ce que vous souhaitez pour vos enfants ou pour les enfants que vous espérez avoir un jour ? Le pape nous a dit ce qu’il faut souhaiter pour eux, rien de moins que la sainteté ! Que le bonheur d’aimer Dieu de tout leur cœur, de toute leur intelligence, de toutes leur force. Dire aux jeunes : « vous êtes les saints d’aujourd’hui c’est affirmer : vous n‘avez pas le droit de rêver moins haut que cela ! Rêver à être riche, célèbre, en bonne santé, puissant, ce sont des rêves trop bas, des rêves de ver de terre, indignes de notre identité de fils de Dieu. La visite du Pape a donné à voir une réalité qui était présente mais méconnue : un peuple est en train de se lever qui n’est pas effrayé par les événements du monde, par l’idolâtrie de l’argent et du pouvoir. Un peuple qui a conscience que Jésus ressuscité est présent au milieu de lui. Un peuple sur lequel le Pape a invoqué l’Esprit Saint. Un peuple qui se saisit des armes de la prière, de la pénitence et de la joie. Le petit pas que nous pouvons faire pour accueillir l’évangile de ce dimanche et rejoindre ce peuple sera de nous demander, personnellement mais aussi en couple, en famille : quels sont mes rêves ? Et si mes rêves sont encore trop petits, disons à Jésus : « tu m’appelles à la sainteté depuis toujours, aide-moi à descendre dans mon cœur pour entendre cet appel et le laisser raisonner en moi ! Réponds à la prière du Pape Léon XIV, envoie-moi ton Esprit ! » Amen !

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