Homélie du Dimanche de Pentecôte 24 Mai 2026

Chers frères et sœurs, qu’est-ce que la Pentecôte ? Vous allez me répondre que la Pentecôte c’est la venue de l’Esprit Saint sur l’Eglise, et bien sûr c’est vrai, mais le problème c’est que déjà le jour de Pâques les évangiles nous disent que Jésus a soufflé sur ses apôtres en leur disant : recevez l’Esprit Saint. Cela veut dire que dès ce moment l’Esprit était donné aux apôtres et que tout au long des 50 jours du temps pascal Il avait été avec eux pour susciter la prière, pour les éclairer sur le mystère du Christ, pour faire grandir la communion entre eux. Alors qu’avait de particulier cette venue de l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte ? Ce jour-là, il est descendu sur les disciples comme un feu et un souffle. Il est venu faire de cette communauté une Eglise missionnaire. Le jour de la Pentecôte Dieu a donné le top départ de la mission de l’Eglise à laquelle Jésus avait préparé ses disciples. Pendant trois années Il les avait enseignés, les avait associés à son ministère, à sa Passion et à sa résurrection. Ressuscité, Il était resté avec eux pendant quarante jours, puis s’élevant au ciel, les avait envoyés proclamer la Bonne Nouvelle à toute la création, leur annonçant qu’ils seraient bientôt revêtus de la puissance de l’Esprit. Être revêtu de la puissance de l’Esprit un juif comprenait très bien ce que cela signifiait. Dans l’histoire d’Israël chaque fois qu’un homme avait été choisi par Dieu pour une mission, l’Esprit Saint lui avait été envoyé pour lui conférer la force de l’accomplir. Souvenons-nous de Gédéon, de Sanson, de David qui avaient vaincu des armées puissantes grâce à l’onction de l’Esprit Saint descendue sur eux. Les apôtres savaient aussi d’expérience ce que cela voulait dire. Puisque chaque fois qu’ils avaient été envoyés en mission par Jésus, ils avaient d’abord été bénis par lui et avaient expérimenté la puissance de l’Esprit Saint qui passait à travers eux. A leur retour ils témoignaient que par cette puissance même les esprits impurs leur obéissaient. Jésus en répondant qu’il voyait Satan tomber du ciel, montrait qu’il avait intercédé pour eux et que le combat de l’apostolat se déroule d’abord dans le ciel. Les apôtres pouvaient donc comprendre que Jésus montait au ciel pour conduire le combat par l’intercession. Cependant, ressuscité, il demeurait avec les disciples par l’envoi de l’Esprit Saint comme il avait agi avec eux quand il les avait envoyés deux par deux, grâce à l’onction de l’Esprit Saint. Alors concrètement que devaient donc faire les apôtres ? La feuille de route laissée par Jésus était claire : être témoin du Christ ressuscité en commençant par Jérusalem et jusqu’aux extrémités de la terre. Alors dès le premier jour les disciples ont mis en application cette feuille de route : ensemble poussés par l’Esprit, ils ont témoigné sur la place publique aux centaines de milliers de juifs venus à Jérusalem pour la fête que Jésus était ressuscité. Puis chacun s’est laissé conduire par l’Esprit Saint comme on le voit de Barnabé, de Philippe, d’Etienne. Mais qu’est-ce que cela signifie pour nous aujourd’hui ? Tout d’abord c’est un immense signe d’espérance que la multiplication des demandes de la part de jeunes et d’adultes de recevoir le sacrement de confirmation car c’est insensé de vouloir vivre l’évangile, de vouloir être chrétien en pensant pouvoir se passe du don de la confirmation. Bien sûr nous avons reçu l’Esprit Saint au baptême, mais comment témoigner du Christ sans le souffle de l’Esprit qui libère des peurs, fait déborder d’amour et nous pousse vers ceux qui ne le connaissent pas ? Frères et sœurs comment vivre sans douleur, le fait que tant d’entre nous ne soient pas confirmés ? La profession de foi qui ne devait être qu’une étape vers le sacrement ne s’est-elle pas transformée en point final de la formation chrétienne, voire en signe même d’un effort exceptionnel : j’ai fait mes deux communions ! Bien sûr nous désirons que tous nos enfants reçoivent le baptême et dans notre paroisse nous faisons un effort pour que la célébration de ce sacrement manifeste son importance, soit un temps de fête. Mais prions-nous suffisamment pour que tous deviennent pleinement disciples de Jésus ? Peut-on entendre sans inquiétude des parents dire : « Je demande le baptême pour mon enfant comme cela plus tard il choisira ! » Si on aime son enfant ne désire-t-on pas son bonheur, ne désire-t-on pas qu’il expérimente la joie de connaître, d’aimer Jésus et de l’annoncer ? Mais cela signifie aussi autre chose pour nous qui avons reçu le sacrement de confirmation : sommes-nous prêts à demander à Dieu de réveiller en nous ce don ? Sommes-nous prêts à nous laisser envoyer ? Sommes-nous prêts à vivre une nouvelle étape missionnaire exaltante et passionnante ? Sommes-nous désireux de recevoir de nouveaux charismes ? Est-ce qu’aujourd’hui nous disons de tout notre cœur : « viens Esprit Saint en moi et sur moi ? » ou disons-nous « viens Esprit Saint sur ceux qui le désire mais moi laisse-moi préférer la tranquillité à l’aventure avec Dieu, la vie du monde à l’amour de Dieu, l’esprit du monde au feu de la charité, la pensée du monde à la Parole de Jésus ? » Hier soir à la cathédrale, en conférant le sacrement de confirmation à 212 adultes notre Archevêque nous disait : « les chemins par lesquels Dieu nous conduit sont parfois mystérieux, obscurs mais ce qui est certain c’est qu’il nous place là où il veut que nous soyons son témoin, dans notre famille, sur notre lieu de travail, auprès de ceux vers qui Il nous envoie. » Et pour cela nous avons besoin de nous ouvrir à l’Esprit Saint. Le petit pas que nous pouvons faire tout au long de cette semaine sera de relire le passage de l’évangile où nous est racontée la joie des apôtres puis des 72 disciples à leur retour de mission et où ils s’émerveillent de ce que l’Esprit a fait à travers eux. Nous pourrons alors dire à Jésus : « Jésus tu as besoin que je devienne ton témoin, envoie-moi ton Esprit Saint ! ». Amen !

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