Homélie du 2ème Dim de Carême 01/03 - La transfiguration

Chers frères et sœurs, nous venons d’entendre le récit de la transfiguration de Jésus devant 3 apôtres, Pierre, Jacques et Jean, que Jésus a emmené avec lui sur la montagne du Thabor. Or ce récit est précédé d’un autre moment important, celui où Jésus demande à ses disciples : « pour vous qui suis-je ? » C’est Pierre qui avait répondu : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! ». Pierre croyait en la divinité de Jésus. Or voici que sur la montagne celui-ci lui donnait de la contempler, elle devenait lumineuse et il en découvrait de nouveaux aspects. Et il s’exclame : « Il est bon d’être ici, dressons trois tentes ! » Pierre est dans un endroit exposé aux vents, où il n’y a pas d’eau, pas d’abri, loin de tout et il affirme : « on est trop bien ici ! » C’est étonnant non ? On aurait envie de dire à Pierre : « mais Pierre, qu’est-ce qu’il t’arrive, pour avoir ce genre d’idée ? Tu ne réalises pas où tu es ? » D’autant plus qu’en proposant de dresser trois tentes et que cela se passe pendant une fête qui dure une semaine, la fête des tentes, Pierre propose de vivre la semaine de fête là sur la montagne. Les juifs en effet font des cabanes pour se remémorer ce que le peuple hébreu avait vécu au désert après la sortie d’Egypte. Ils voulaient retrouver l’intimité avec Dieu qu’ils avaient expérimentée pendant ces quarante années. Sachant cela on comprend mieux la réaction de Pierre. D’autant plus que pendant la fête des tentes les juifs méditent sur la vie et l’enseignement des personnages de l’ancien testament. Or voilà que les deux prophètes les plus important Moïse et Elie sont avec Jésus. Il faut les retenir. Mais la réaction de Pierre indique aussi que les trois apôtres vivent un bonheur immense, non seulement parce qu’ils voient quelque chose de la gloire de Dieu mais ils ressentent l’amour qui rayonne de la Personne de Jésus, ils en sont remplis. Et ils en sont tellement comblés que l’inconfort de se tenir sur la montagne est oublié. Ils sont prêts à y rester toute la semaine. Sur le mont Thabor Pierre Jacques et Jean expérimentent ce qui fera notre bonheur dans le Royaume des cieux lorsque nous le contemplerons face à face, serons débordants de son amour et en communion d’amour les uns avec les autres. Mais alors que Pierre parle encore, une nuée lumineuse les couvre de son ombre, et que, de la nuée, une voix dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendent cela rapporte l’évangéliste, les disciples tombent face contre terre et sont saisis d’une grande crainte. Après avoir contemplé en spectateur la gloire divine, les trois apôtres entrent en elle et Ils sont comme écrasés par cette nouvelle expérience. Moïse sur la montagne du Sinai était entré dans la nuée et il avait reçu de Dieu les 10 commandements à observer. Les apôtres entendent du Père un nouveau commandement qui résume tout : écouter Jésus car il est le Fils Bien aimé du Père. Comme nous l’a rappelé le Pape Léon XIV dans son message de carême que nous avions médité le mercredi des cendres : « entrer sur le chemin de la conversion » _c’est laisser place à la Parole à travers l’écoute. Et le Pape expliquait : car la disposition à écouter est le premier signe par lequel se manifeste le désir d’entrer en relation avec l’autre._ Nous sommes donc invités à nous demander si nous écoutons vraiment Jésus ou si nous l’entendons pour immédiatement discuter, relativiser, réinterpréter ce qu’il dit afin de ne pas laisser remettre en question notre façon de vivre et de penser ? Depuis 10 jours avons-nous pris le temps d’écouter ou avons-nous fuit ? Nous avons choisi comme thème de carême le mot aimer et la demande de Jésus : « c’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtront comme mes disciples ». Est-ce que nous avons réalisé qu’à partir de la Pentecôte c’est un amour nouveau, très fort qui a animé les disciples, qui même s’ils formaient déjà une belle communauté. Dans les actes des apôtres ce nouvel amour est décrit : la communauté des croyants avait un seul cœur et ils mettaient tout en commun. Est-ce que notre intelligence a perçu qu’à chaque période de renouveau de l’Eglise, les baptisés redécouvrent la puissance de l’amour fraternel et se rapprochent les uns des autres, construisent des fraternités, des communautés ? Est-ce que cette Parole a commencé à retentir dans notre cœur au point d’interroger certaines de nos attitudes individualistes ? Le carême est marqué par la prière, le jeûne et l’aumône. Avons-nous le désir de méditer les paroles du Nouveau Testament concernant les biens matériels ? Avons-nous le souci de découvrir ce qu’enseignent nos évêques qui appliquent la Parole de Dieu aux situations d’aujourd’hui ? Ecouter Jésus c’est parfois vivre comme le jeune homme riche un tremblement de terre intérieur. Il était persuadé d’avoir tout fait bien puisque depuis son enfance il cherchait à mettre en pratique les 10 commandements. Alors quand Jésus lui dit : « très bien il ne te manque qu’une chose, va vends tous tes bien et suis-moi, il mesure ce à quoi il doit consentir pour répondre à l’appel du Christ. Mais avant de lui parler Jésus l’a regardé et l’a aimé. Chaque semaine nous proposons un chemin de croix afin que nous aussi nous nous laissions regarder par Jésus et mesurer à quel point il nous a aimés et à quel point il continue de nous aimer afin d’être en mesure d’entendre ce qu’il nous dit comme une parole d’amour et non comme une loi qui écrase. Demandons au Seigneur en cette deuxième étape de notre montée vers Pâques la grâce de décider d’écouter Jésus quelle que soit l’exigence de sa Parole. Disons-lui que nous croyons à son amour et au désir qu’il a de nous rendre heureux pour l’éternité. Amen !

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