Chers frères et sœurs, lors d’une rencontre entre juifs et chrétiens à Paray le monial, le cardinal Barbarin a posé une question au grand rabbin de France. Il lui a demandé que représente pour vous l’eucharistie que célèbre les chrétiens ? Le cardinal Barbarin savait que si un juif assiste à la messe il constatera que presque toute la célébration est copiée sur la liturgie juive du céder, de la Pâque juive. Ainsi, à la fin de cette liturgie du céder, les juifs partagent une galette de pain non fermenté, de pain azyme, comme nous le faisons au moment de la communion. Puisque nous aussi nous utilisons du pain non levé en souvenir du pain utilisé par Jésus lors de son dernier repas. Le grand rabbin avait perçu ce que représentait pour nous, le céder de Jésus, l’eucharistie et il a eu cette réponse étonnante qui a ému les chrétiens présents : lorsque vous avez communié, vous êtes comme des petits messies, des Jésus miniature. Ce juif disait au chrétiens le sens profond de l’eucharistie, nous communions au Corps et au Sang du Christ pour être transformés en Jésus, pour être comme Jésus, pour être Jésus envoyé par le Père, pour pouvoir parler et agir comme Jésus. Et pour que cette transformation se manifeste dans notre vie nous devons écouter la Parole de Dieu pour la mettre en pratique. Et la Parole qui nous est donnée aujourd’hui est de ne pas avoir peur de proclamer l’évangile, de ne pas avoir peur des risques de persécutions, et même de ne pas craindre la mort du corps. La seule chose qu’il nous faut craindre, dit Jésus, c’est d’être jeté corps et âme dans la Géhenne, c’est-à-dire d’être coupés de Dieu. Devant la menace de la persécution, il est normal de ressentir la peur mais Jésus nous dit que cette peur ne doit pas nous dominer car « même les cheveux de notre tête sont tous comptés. » Pourquoi le Père compte-t-il nos cheveux ? D’abord parce qu’il nous aime et que le moindre détail de ce que nous sommes l’intéresse. Mais aussi pour se souvenir de chaque cheveu perdu à cause de Dieu. Et Jésus ajoute que le Père tient tout dans sa main et que même un moineau ne tombe à terre sans qu’il le permette. Jésus nous dit aussi : celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. C’est une menace difficile à entendre. Pourtant saint Pierre, qui, le premier a renié Jésus n’a pas été renié devant le Père. Il s’était laissé dominer par la peur quand Jésus avait été livré aux mains des hommes. Et après sa résurrection Jésus lui a dit : « sois le berger de mon troupeau ! » Jésus avait prévenu Pierre que ce n’était pas encore, pour lui, le temps du témoignage, le temps de donner sa vie pour le Christ. Pierre était persuadé qu’il aimait tellement Jésus qu’il mourrait avec lui si Jésus était en danger. Mais il n’a pas tenu. Ses propres forces n’ont pas suffi. Plus tard, quand il sera devenu vieux, quand ce sera l’heure d’aimer Jésus jusqu’à donner sa vie pour Lui, Pierre alors imitera son maître et le suivra jusque dans sa Passion, mais ce sera Jésus qui lui donnera de vive cela. Dans le monde beaucoup de chrétiens sont devant le choix d’avoir à renier leur foi ou de souffrir pour elle. Ces chrétiens sont appelés à recevoir la plus grande récompense, la couronne de gloire dans le ciel. Mais ils ne peuvent la recevoir que s’ils acceptent de donner leur vie pour Jésus. Pour nous qui ne risquons pas la mort à cause de notre foi, le reniement de Pierre peut nous aider à discerner comment nous aussi nous sommes tentés de renier Jésus. Pierre n’a pas renié Jésus de manière solennelle devant le juge ou devant Pilate, il a succombé à une petite lâcheté. C’est ce type de reniement qui nous guette. Est-ce que paisiblement, sans crainte nous laissons voir que nous sommes catholiques, que nous pratiquons ? Ou est-ce que nous faisons en sorte que les gens pensent que nous sommes comme eux ? Lorsque l’on tient devant nous des discours contraires à la foi chrétienne est-ce que nous avons le courage de dire je ne pense pas comme vous et de témoigner que c’est ce que nous vivons avec Jésus qui nous donne la force et le bonheur ? _Est-ce que dans notre maison ce sont les bouddhas, les masques africains qui décorent les espaces ou y-a-t-il une croix, une statue de Marie, une bible qui indique qu’on est dans la maison d’un chrétien, dans une maison où l’on prie ?_ Alors comment mettre en pratique cet évangile ? Tout d’abord en nous intéressant à celles et ceux qui sont persécutés pour leur foi afin de les porter dans notre prière. Pouvons-nous citer le pays où les chrétiens sont dans le couloir de la mort attendant leur exécution simplement parce qu’ils sont chrétiens ? Connaissons-nous la situation des coptes en Egypte, des chrétiens en Inde, en Chine ? Ensuite nous pouvons essayer de repérer les petites lâchetés à travers lesquelles nous fuyons notre devoir de témoigner de notre foi. Or _chaque fois que nous témoignons de ce que nous vivons avec Jésus, celui-ci témoigne de nous devant le Père et nous recevons une force nouvelle._ Un chef d’entreprise me disait qu’il y avait sur son bureau une toute petite icône et qu’entre deux rendez-vous il la regardait pour confier à Dieu les personnes qu’il rencontrait. Mais souvent voyant l’icône un client, un commercial, voire un employé, ouvrait son cœur et ce chef d’entreprise écoutait. Parfois lui était inspiré une parole de consolation. Il lui est arrivé de prier avec la personne. Il me disait à quel point cela l’avait fortifié. Prions pour que chaque baptisé retrouve la fierté d’afficher sa foi avec justesse et simplicité et que nous ayons tous le souci de celles et ceux qui souffrent à cause de leur foi. Amen !