Chers frères et sœurs, c’est l’image du bon berger que les textes de ce dimanche proposent à notre méditation. Mais que signifie ce symbole ? Le berger c’est d’abord celui qui _demeure_ avec le troupeau. En annonçant par les prophètes qu’il serait lui-même notre berger, Dieu indiquait que son rêve c’était de demeurer avec nous afin que nous demeurions avec Lui. Et pour réaliser ce rêve le Père a envoyé son Fils être notre berger. Chacun doit donc désormais décider s’il accepte ou non que Jésus soit son berger, s’il accepte ou non de se laisser conduire par Lui. Les pharisiens, avec qui Jésus discute, étaient prêts à faire beaucoup de choses pour Dieu, mais pas à le laisser être le Seigneur de leur vie. C’est la tentation de chacun d’entre nous. Je te fais confiance Seigneur à condition que tu me laisses conduire ma vie comme je veux, comme je sens, comme je pense. Dans un troupeau chaque brebis est protégée par la présence du berger tant qu’elle demeure sous le regard du berger. Mais si elle quitte son champ de vision, elle est en danger. Nous aussi nous sommes en sécurité quand nous demeurons sous le regard de Jésus mais nous pouvons aussi fuir ce regard, lui échapper. Nous sommes alors sous la menace du loup qui cherche à disperser les brebis afin d’emmener celui ou celle qui s’est éloigné, pour la dévorer nous dit Jésus. Laisser Jésus conduire notre vie c’est écouter sa voix. Le son de la voix du Bon Berger est reconnu par les fidèles parce qu’il retentit de l’intérieur de la personne. Il console et fait grandir. Le drame de l’homme d’aujourd’hui c’est d’avoir perdu le chemin de son cœur. L’urgence des urgences c’est donc de redécouvrir la prière, de retrouver l’intériorité et le chemin du cœur, de se laisser regarder par Jésus, d’entendre sa voix. Pour garder le troupeau rassemblé, pour le conduire et le nourrir, Jésus appelle des disciples et choisit des apôtres. C’est le rôle des évêques autour du Pape, des prêtres, des diacres et plus généralement de celles et ceux qui ont une mission d’autorité dans l’Eglise. Mais il a une condition pour endosser cette responsabilité. Dans l’évangile en effet, la caractéristique principale du Bon Berger est quelque chose qui normalement n’appartient pas au travail du berger : donner sa vie pour ses brebis. Jamais sur terre aucun dirigeant n’a cru qu’il pourrait conduire son peuple uniquement en l’aimant. C’est que l’amour humain n’est pas suffisant face au mal et à la mort. Jésus est notre bon berger non seulement parce qu’il a eu un comportement de berger humain, mais parce qu’il a montré par sa Passion, sa mort et sa résurrection la toute-puissance de l’Amour divin. Par sa mort il a détruit la mort et nous a ouvert le chemin de la Vie. Il a réalisé en sa chair ce que la force, les armes, les lois, les systèmes de pensées ont été incapable de réaliser : il a réconcilié les hommes avec Dieu pour les rassembler en une seule famille. Désormais ceux qui veulent être bergers à la suite du Bon Berger doivent être prêts à donner leur vie par amour pour celles et ceux qui leurs sont confiés. Ce n’est possible qu’en s’unissant au Christ et en se laissant transformer par lui. Le célibat pour le royaume de Dieu est le signe du désir de ce don total pour le troupeau. Il est un don précieux fait à l’Eglise. Les bergers du troupeau ont un rôle décisif pour la santé du troupeau et sa croissance. C’est pour cela que l’on prie pour eux à chaque eucharistie et que lorsque l’on demande au Père des ouvriers pour la moisson, ce sont particulièrement des vocations sacerdotales et de consacrés que l’on demande. Comme le disait sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à sa sœur Céline **lorsque l’on prie pour demander à Dieu de saints prêtres, on fait de la pêche au gros, car c’est tout le troupeau qui en tire bénéfice**. La révélation des abus dans l’Eglise nous montre aussi en négatif le drame que c’est pour le troupeau quand un berger se transforme en loup qui vient pour dévorer. La prière pour nos pasteurs est donc capitale. Depuis quelques années le nombre de vocations de bergers a chuté de manière effrayante. Parmi toutes les raisons qui peuvent expliquer cela, une seule est vraiment pertinente : trop de chrétiens ne prient plus ou si peu. Partout où la prière retrouve la place qu’elle doit avoir dans la vie d’un baptisé, les communautés renaissent, redeviennent attirantes et les vocations abondantes. Car c’est un immense honneur d’être appelé par Dieu et un grand bonheur de répondre à cet appel. Le pape Léon XIV a suscité beaucoup de vocations chez les augustins car il rayonne du bonheur et de l’enthousiasme de donner sa vie à Dieu. Mais parfois, on le voit dans l’évangile, Dieu est empêché d’agir, de faire des miracles, car là où la prière manque, les communautés se refroidissent, se replient sur elles-mêmes, s’étiolent. Pour les vocations tout dépend de Dieu mais tout dépend aussi de notre prière. Réjouissons-nous de ce que les nouvelles générations nous étonnent par leur désir de Dieu. Prions pour que chaque baptisé ait un cœur de berger afin qu’ensemble nous sachions accompagner celles et ceux que le Seigneur nous envoie et qu’Il puisse appeler des prêtres et des consacrés parmi eux. Prions pour que la prière retrouve sa place dans nos familles afin que nous ayons le courage de renverser les idoles du monde moderne et de nous libérer des chaînes des dépendances multiples dans lesquelles l’esprit du monde veut nous enserrer. Le petit pas que nous pouvons faire pour mettre en pratique les lectures d’aujourd’hui sera de prendre chaque jour un temps de silence pour descendre dans notre cœur, nous laisser regarder par Jésus et lui dire : « Seigneur je crois que tu es le Bon Berger, Celui qui m’aime et je veux que tu sois mon berger, que tu conduises ma vie et change mon cœu