Homélie du Dimanche des Rameaux 29 Mars 26

Chers frères et sœurs, la liturgie de ce jour nous plonge dans le paradoxe du mystère pascal. En acclamant notre roi avec des palmes, imitant ainsi la foule des disciples de Jésus montée à Jérusalem, nous annonçons déjà la résurrection de Jésus la victoire, définitive de l’Amour sur la puissance du mal. Mais en revivant le récit de sa passion nous sommes face à l’échec apparent de Dieu sur la croix. Ce paradoxe nous ne pouvons dépasser pleinement qu’à la lumière de la foi. Si nous nous fermons à cette lumière, la croix du Christ peut devenir pour nous un scandale si nous croyons au Dieu d’Abraham ou une folie si pour nous Dieu n’existe pas. Ce sont les témoins du Christ, c’est-à-dire les saints qui nous donnent l’intelligence de ce mystère. Le pape saint Jean Paul II avait vécu en Pologne les terribles irruptions du mal du XXème siècle. Un mal, disait-il, aux proportions gigantesques (de centaines de millions de morts), un mal qui s’était servi des structures de l'Etat pour accomplir son œuvre néfaste (pensons au nazisme et au communisme), un mal érigé en système. Le pape saint Jean Paul II s’était alors demandé : le mal est-il invincible ? La réponse il l’avait trouvée dans la contemplation du Christ en croix, et dans la révélation de la miséricorde du Père. (Rappelons qu’il y avait sur le diocèse de Cracovie à la fois le camp d’extermination d’Auschwitz symbole indépassable de la haine démoniaque, et le couvent où sainte Faustine a reçu les révélations de la Miséricorde divine.) Saint Jean Paul II avait perçu que la puissance qui, en définitive vainc le mal, était la souffrance de Dieu sur la Croix. Voici ce qu’écrit saint Jean Paul II : "La souffrance de Dieu crucifié n'est pas seulement une forme de souffrance à côté des autres... Le Christ, en souffrant pour nous tous, a conféré un nouveau sens à la souffrance, il l'a introduite dans une nouvelle dimension, dans un nouvel ordre : celui de l'amour... La passion du Christ sur la Croix a donné un sens radicalement nouveau à la souffrance, l'a transformée de l'intérieur... C'est la souffrance qui brûle et consume le mal avec la flamme de l'amour... Chaque souffrance humaine, chaque douleur, chaque maladie contient une promesse de salut... Le mal... existe également dans le monde pour réveiller en nous l'amour, qui est don de soi à celui qui est touché par la souffrance. Le Christ est le Rédempteur du monde : "Dans ses blessures nous trouvons la guérison" (Is 53, 5)" Benoît XVI en commentant ces paroles ajoutait : Assurément, nous devons faire tout notre possible pour atténuer la souffrance et empêcher l'injustice qui provoque la souffrance des innocents. Toutefois, nous devons également faire tout notre possible pour que les hommes puissent découvrir le sens de la souffrance, pour être ainsi en mesure d'accepter leur propre souffrance et l'unir à la souffrance du Christ. Ainsi, celle-ci se fond avec l'amour rédempteur et devient, en conséquence, une force contre le mal dans le monde. Chers frères et sœurs, demandons à l’Esprit Saint de nous aider à entrer dans le mystère de la croix, à percevoir que c’est le Fils de Dieu, l’amour infini, qui s’offre pour nous afin de nous sauver. Que l’Esprit Saint nous fasse prendre conscience que nous aussi nous pouvons arrêter le mal, lui mettre une limite en nous unissant au Christ par la prière et l’offrande de nos vies. C’est ce que nous ce que nous sommes invités à faire en célébrant l’eucharistie, dans un esprit d’adoration et d’amour ; c’est ce que nous allons faire maintenant en nous offrant dans l’offrande du pain et du vin et en nous prosternant devant Dieu qui descend sur l’autel et nous fait communier à son sacrifice. Amen !

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