Homélie du Dim 5 Juillet 2026 - 14ème Dim du TO - Année A

Chers frères et sœurs, dans l’Évangile que nous venons d’entendre il est question des tout petits et des sages et des savants. Qui sont les sages et les savants dont parle Jésus. Au temps Jésus on peut penser que ce sont principalement les pharisiens car ils organisaient leur vie de manière à pouvoir consacrer tout leur temps à l’étude des Ecritures. Ils choisissaient des métiers manuels qui permettaient de réfléchir à la Parole de Dieu tout en travaillant. Nous en avons un exemple avec saint Paul, qui était pharisien et gagnait sa vie en tissant des tentes. Pendant ses voyages apostoliques, il pouvait enseigner les chrétiens tout en travaillant. C’était d’ailleurs sa fierté : il prêchait l’évangile gratuitement. Les pharisiens étaient très édifiants mais ils n’étaient pas des tout petits car leur pratique religieuse n’était pas fondée sur la confiance en Dieu mais sur la confiance en eux-mêmes. Alors qui sont ces tout-petits dont parle Jésus, celle et ceux à qui le Père révèle que Jésus est son Fils Bien aimé ? Ce sont ceux qui reconnaissent qu’ils ont besoin d’être sauvés et le désirent plus que tout. Marie Madeleine, Zachée, Matthieu, mais aussi le pharisien Nicodème font partie des tout petits mais le jeune homme riche qui pense être en règle, avoir suivi depuis son enfance les commandements de Dieu, n’est pas un tout petit. Il veut entrer dans le Royaume de Dieu mais n’est pas à n’importe quel prix. Il n’est pas comme le bon larron pour qui c’est une nécessité vitale d’être sauvé. Le jeune homme riche entend l’appel de Jésus à le suivre mais cela ne le remplit pas de joie, il s’en va tout triste. Les tout petits qui peinent sous le fardeau n’ont pas renoncé à aimer Dieu et leur prochain. Ils désirent faire la volonté de Dieu mais comment faire quand la vie nous a conduit, comme Marie Madeleine à vivre de la prostitution, ou comme tant de jeunes des quartiers, à vivre du trafic de drogue ? Pour Matthieu, Zachée qui ont fait le choix de la collaboration avec l’occupant romain, ce qui les coupe de la vie religieuse de la synagogue, comment échapper à ce monde, quitter le péché, le vol, la corruption et porter le joug des commandements de Dieu ? Comment suivre une autre route, quand depuis des générations notre famille est liée aux réseaux mafieux ? Comment accueillir la vérité de la Parole de Dieu quand on est lié à une idéologie islamiste ou qu’on a vécu toute sa vie dans un contexte athée ? Cela semble impossible. La réponse de l’évangile c’est que c’est la rencontre avec Jésus qui rend l’impossible, possible, pour le tout petit, celui qui ploie sous le fardeau, que Jésus reconnaît et appelle. Chaque fois que Jésus rencontre un tout petit, par exemple la samaritaine, la femme adultère, sa vie change du tout au tout et l’impossible devient possible. Malheureusement quand Jésus rencontre quelqu’un qui veut être grand, quelqu’un qui se croit juste, il n’en est pas ainsi. Pour Marie Madeleine et pour Zachée, comme pour le bon larron crucifié à côté de Jésus, il y a eu un avant et un après, à la rencontre avec le Christ. Et cela se produit encore de nos jours. Mais qu’en est-il de celles et ceux qui ont reçu une éducation chrétienne et cherchent à vivre selon l’évangile ? La promesse de Jésus est-elle aussi pour eux ? Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, d’une certaine façon, s’était posée cette question en méditant l’évangile de la femme pécheresse. Fallait-il avoir beaucoup péché pour vivre une rencontre avec Jésus qui change et nous porte à l’aimer Jésus à la folie ? A nous qui rencontrons Jésus chaque jour dans la prière, dans l’écoute de la Parole, dans l’eucharistie, Jésus nous dit à nous aussi : « venez à moi », c’est-à-dire : ne vous contentez pas de rester à distance, de me servir par devoir, approchez-vous pour vivre une rencontre profonde avec moi ! Confiez-moi vraiment vos fardeaux, déposez-les dans mon cœur et je vous donnerai une paix que le monde ne peut pas vous donner, je vous ferai vous reposer en Dieu. Je vous ferai expérimenter que votre fardeau devient léger et que je le porte avec vous. Car le risque pour nous, qui connaissons déjà Jésus, c’est de venir à lui sans un désir intense de le rencontrer, de l’écouter, de nous donner à lui. Alors la parole de Dieu entre dans une oreille mais ne descend pas dans notre cœur. Nous prions, mais sans nous mettre vraiment en présence du ressuscité. Nous communions mais sans accueillir Jésus en nous, sans lui parler, sans entrer dans le silence du cœur, ou si peu. Et parce que nous ne rencontrons que superficiellement Jésus, il ne peut pas nous donner autant qu’il voudrait de joie, de paix, de bonheur, de consolation. C’est pour cela que nous avons sans cesse à réveiller en nous l’appel de Jésus et le don qu’il nous a fait de son Esprit. Peut-être l’été en est-il l’occasion ? Des amis me partageaient que lorsqu’ils étaient enfants ils partaient en vacances avec leurs parents sans que rien ne soit programmé. En fonction de la météo et des échanges entre eux le but du voyage serait décidé. Mais une chose ne changeait jamais, cela commençait toujours par une première étape dans un sanctuaire marial. Il fallait être renouvelé intérieurement pour bien vivre les vacances en famille. Le petit pas que nous pouvons faire pour **accueillir la Parole de Jésus** cette semaine sera de nous demander : comment et où recharger mes batteries spirituelles afin que **Jésus puisse me plonger dans sa paix et faire de moi un tout petit qui a une confiance inébranlable en Lui ?** Le Père cherche des tout petits pour leur révéler les secrets du Royaume de Dieu, ne laissons pas passer cette chance ! Ne vivons pas à distance de Jésus ! Amen !

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