Homélie du 27ème dimanche du TO - 4 octobre 2026

Chers frères et sœurs, les lectures de ce jour nous renvoient à ce que nous avons vécu le week-end dernier lors de la visite du Pape Léon XIV en France. Une personne s’agaçait de ne pouvoir se connecter à une chaine de télévision sans tomber sur un reportage ou une émission consacrée à cette visite. C’est que la surprise était totale et les médias fascinés : _toutes ces foules rassemblées, et partout la même ferveur, la même gentillesse, la même joie ! Des foules par centaines de milliers, et pas une échauffourée !_ Cette visite avait la saveur du Royaume de Dieu. Comme quand Jésus exerçait son ministère en Galilée, on respirait l’air du Royaume de Dieu et on découvrait que le Royaume de Dieu était un don gratuit, quelque chose que l’on n’aurait pas pu fabriquer nous-mêmes. Et ce don nous est fait. L’Évangile, de ce dimanche arrive à propos pour nous rappeler que le don gratuit du Royaume est aussi une responsabilité. Il nous appartient de l’accueillir, et de le faire grandir au milieu de nous. Et pour illustrer cela Jésus prend l’exemple de la vigne. Car la vigne demande un effort constant, régulier, ainsi qu’une vigilance face aux maladies, aux épisodes de chaleur extrême, de grêle, d’inondation. Le Royaume de Dieu nous a été donné et nous ne manquons de rien pour faire fructifier la vigne. Nous avons les sacrements, la Parole de Dieu, l’exemple et l’enseignement des saints, la communauté chrétienne et ses pasteurs et l’héritage des générations qui nous ont précédées. Mais, si malgré tout cela nous laissons la vigne en jachère, elle ne produira pas de fruit. Et cela aura des conséquences terribles sur nos sociétés : sans la sève de l’Évangile, elles redeviennent païennes. Le pape a rappelé qu’il n’y a pas si longtemps, un missionnaire sur deux dans le monde était français. Que les théologiens et exégètes qui ont eu une place majeure dans la préparation et le travail du concile Vatican II, étaient français. Que tant de saints français ont eu une influence déterminante dans la vie de l’Église universelle. La vigne qui est en France a donc produit des fruits magnifiques pour l’Église et le monde. Mais que se passe-t-il quand le Seigneur ne trouve plus de fruit sur la vigne ? L’Évangile répond qu’elle est confiée à d’autres. Il y a quinze jours on aurait pu se dire que cela signifiait que notre Église en France était appelée à mourir et que c’étaient d’autres peuples qui allaient prendre la suite. L’Inde n’a-t-il pas donné à l’Église et au monde Mère Thérésa, le nouveau saint Vincent de Paul, géant de la charité, fondatrice d’une famille spirituelle magnifique ? Les deux derniers papes ne nous ont-ils pas été donnés par le continent américain, de même que le renouveau de la doctrine sociale de l’Église, l’élan missionnaire ? La visite du Pape nous a permis de découvrir émerveillés, que c’était du milieu de nous qu’un peuple nouveau était en train de se lever. Un peuple directement appelé par Dieu, à qui la vigne était confiée. Et comme les foules à qui Jésus s’adressait, nous sommes invités à nous joindre à ce peuple, en répondant à l’appel de Dieu, à travailler dans la vigne du Seigneur. Et le travail dont il s’agit c’est d’accueillir le don de la paix que nous fait le Christ ressuscité, de laisser ce don pénétrer en nous et changer notre cœur et nos relations les uns avec les autres. À Metz, le pape Léon XIV l’a développé à travers le symbole de la maison. Je le cite : la paix qui est un don de Dieu exige une réponse des hommes, dans un effort partagé. La construction de la paix passe par un véritable travail de chantier. Elle nous concerne chacun, c’est de notre cœur que doit jaillir la paix. Elle nous concerne ensemble car ce sont nos relations qui doivent être renouvelées. Et il l’a illustré avec la reconstruction de la cathédrale Notre Dame de Paris. Comme elle, l’Église qui est en France est appelée à renaître encore plus belle. Saint Paul dans la deuxième lecture nous décrit les conditions pour que « la paix de Dieu soit avec nous ! » Travailler à la paix c’est d’abord se reconnecter à Dieu, « en toute circonstance, dit-il, priez et suppliez, tout en rendant grâce ! ». C’est aussi laisser sa Parole travailler en nous et mettre en pratique ce que nous avons entendu de l’apôtre, selon l’exemple qu’il nous a donné. C’est enfin abandonner toute chose entre les mains de Dieu : « ne soyez inquiets de rien ! » Aussi le petit pas que nous pouvons faire cette semaine pour répondre à l’appel que Dieu nous fait dans l’Évangile et à travers le pape Léon XIV, sera de nous demander : quelle réponse concrète vais-je donner à Jésus qui me dit : travaille à ma vigne, construis la paix ? N’ayons pas peur de demander à l’Esprit Saint de nous révéler ce que Jésus attend de nous. Est-ce que cela concerne un péché avec lequel je dois rompre ? Est-ce une réconciliation à laquelle je dois travailler ? Est-ce la place de la prière, de la Parole de Dieu, de la charité qu’il me faut examiner ? Est-ce un engagement au service de la communauté que je dois prendre ? Demandons à l’Esprit Saint de nous éclairer. Il le fera sans tarder car Dieu embauche. Amen !

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