Chers frères et sœurs, essayons de nous représenter la scène que nous rapporte l’Évangile. Un aveugle assis au bord du chemin crie après Jésus alors que la foule cherche à le faire taire. Tout à coup il se lève, jette son manteau derrière lui et court vers Jésus. Et quelques instants plus tard le voilà guéri et devenu disciple-missionnaire. Quel spectaculaire retournement de situation ! Mettons-nous à la place des personnes qui ont essayé de faire taire le fils de Bartimée et le voient transformé montant à Jérusalem avec eux. Tout cela parce qu’a retenti cette phrase que nous avons choisie comme thème d’année : _**Confiance, lève-toi, il t’appelle !**_ L’appel de Jésus, voilà ce qui peut tout changer, dans la vie d’un homme, d’une communauté, d’une famille, dans la vie de l’Église. Pensons à l’appel de saint François. Il l’entend une première fois alors qu’avec sa bande de jeunes il chante sous les fenêtres des bourgeois d’Assise, une nuit de fête. Il est séduit par Dame pauvreté. Il répond à ce premier appel en prenant du temps pour prier à l’écart dans une chapelle en ruine. L’appel se fait alors plus pressant : « François reconstruit mon Église qui tombe en ruines ! » Il se fait maçon et mendie de quoi réparer l’édifice. Enfin cet appel devient lumineux, pendant une messe, lorsque l’Évangile qui vient d’être proclamé lui transperce le cœur. Au fur et à mesure que François a répondu à l’appel, sa vie a été transformée et le monde autour de lui car c’est de l’amour, de la beauté, de la joie, de la paix qui sont entrés dans les cœurs au point qu’Assise est devenue la ville où les religions se retrouvent pour demander à Dieu la paix. Hier dans son homélie, le pape Léon XIV nous montrait que l’appel de Dieu rejoint le désir profond du cœur de tout homme, désir qu’aucune réalité de ce monde ne peut étancher : le désir de Dieu. « Notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi », disait saint Augustin. Léon XIV nous demandait hier _**Que cherchons-nous vraiment dans la vie ? Nous contentons-nous de biens matériels, de satisfactions immédiates, de petites idoles si nombreuses qui promettent monts et merveilles mais laissent notre cœur vide ? Baptisés, nous avons reçu l’eau vive dont parle l’Évangile, mais avons-nous vraiment rencontré le Christ personnellement ?**_ La première étape de notre cheminement sera donc de prendre conscience que tous nous sommes appelés et que cet appel a un nom : l’appel à la sainteté. Cela peut nous faire peur, sembler inaccessible. Aussi le premier mot dit à l’aveugle sur la route de Jéricho, c’est : « Confiance, il t’appelle ! » C’est Jésus qui, par son Esprit, par sa grâce nous donne de répondre à l’appel à la sainteté et de vaincre nos peurs. Sans cette confiance en la parole de Jésus, l’aveugle aurait répondu : « Je suis aveugle, je ne sais pas comment aller jusqu’à Jésus, je suis fatigué, je ne veux pas me lever, que Jésus vienne jusqu’à moi me prenne par la main pour me mettre debout ». La grâce de Jésus dans son cœur a eu un effet extraordinaire : lui, l’aveugle qui mendie, jette son manteau derrière lui et se met à courir ! Et il rejoint Jésus ! La réponse à l’appel, c’est la foi, et combien il nous faut réapprendre à regarder les événements à la lumière de la foi, à marcher par la foi, à tenir ferme dans la foi. Nous ne pouvons pas continuer à penser comme les gens du monde, à ne voir que les apparences, à parler comme si nous n’avions pas d’espérance, comme si tout s’arrêtait avec la mort, comme si le Royaume de Dieu n’était pas déjà au milieu de nous. Mais la foi est comme une plante, un arbre qui au fur et à mesure qu’il grandit a besoin de l’eau de l’Esprit Saint, qu’il puise par ses racines par la prière. Regardez Léon XIV ! Qu’est-il venu faire en France ? Nous entraîner comme les influenceurs catholiques qui sur internet cherchent à nous enthousiasmer ? Nous vendre de la religion ? Non il est venu prier avec nous et nous donner l’exemple. Il quitte la messe à Paris et que fait-il en arrivant à Lourdes : il va passer un long temps à la grotte. Frères et sœurs, il n’y aura pas de réveil de la foi dans notre pays, mais aussi dans notre paroisse, dans notre famille, sans un réveil de la prière dans les cœurs. Alors sans peur du regard des autres, sans nous soucier de celles et ceux qui nous disent de nous taire, nous ferons comme l’aveugle : nous crierons : « Jésus fils de David aie pitié de nous ! » Et nous oserons faire ce que nous propose le pape Léon XIV dans son style calme et posé. Il nous invite à redonner de la place à la manifestation de notre foi dans l’espace public par les processions par exemple. Une chose est étrange dans l’évangile. Jésus laisse crier l’aveugle, le dépasse sans s’occuper de lui. Quel exemple de charité ! Pour que les disciples sachent que l’appel n’est pas seulement une question entre ce mendiant et Jésus, celui-ci fait en sorte que ce soient les disciples qui doivent transmettre son appel. Ils sont faits médiateur de l’appel. Amener des jeunes à la rencontre avec le Pape (mais aussi à Lourdes ou à Taizé) c’est être médiateurs de l’appel. En temps voulu, avec discernement et douceur chacun d’entre nous peut être appelé à dire à quelqu’un : Ce n’est pas parce que tu es adolescent que tu n’es pas appelé déjà à grandir dans la sainteté à l’image de Carlo Acutis et même à consacrer ta vie à Dieu, comme saint François. Ce n’est pas parce que tu es un homme politique que tu n’es pas appelé, comme le roi Louis IX ou Maurice Schuman à la sainteté. Ce n’est pas parce que tu es militaire, que tu n’es pas appelé comme Jeanne d’Arc, saint Martin et saint Maurice à la sainteté. Ce n’est pas parce que tu es marié, chef d’entreprise comme Zélie Martin que tu n’es pas appelée à la sainteté. Ce n’est pas parce que tu as eu une vie compliquée et connu beaucoup de chutes que jusqu’à la dernière minute tu n’es pas appelé comme le bon larron mais aussi comme Jacques Fesch à la sainteté ! Enfin, Jésus adresse aussi à certains un appel particulier, l’appel à se consacrer à Lui dans le célibat pour être signes du Royaume. Ce sont les consacrés (laïcs ou religieux et les prêtres). Dans notre prière nous devons donner la première place à cet appel, non pas pour des raisons utilitaires (nous avons besoin d’eux pour célébrer les baptêmes de mes petits enfants ou mon mariage) mais parce que **sans leur présence l’Eglise ne serait plus elle-même.** C’est pour cela que l’année de l’appel proclamée par notre Archevêque nous invitera à mieux comprendre, accueillir et honorer ce don. Confiance, lève-toi, il t’appelle ! Confions à Marie ce chemin afin de devenir toujours plus des disciples missionnaires et des communautés catéchuménales !